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La police vient de fermer une crèche clandestine aux Réformés, où les bébés souffraient de conditions très spartiates
De l'aveu de ses collègues, c'est un policier solide et endurci, que l'émotion gagne rarement. Mais mercredi matin, lorsqu'il a pénétré dans le petit appartement du cours Franklin-Roosevelt (1er), son rythme cardiaque s'est soudain emballé. Aux côtés d'autres fonctionnaires de la Sûreté départementale et de membres de la Protection maternelle infantile, il s'est trouvé face à 26 bébés, de 12 à 18 mois, entassés dans une seule pièce de 25 m².
Certains se trouvaient dans des lits, d'autres dans des hamacs ou bien couchés à même le sol, tout juste posés sur des couvertures. La perquisition marquait la fin de deux mois d'enquête de la Brigade du travail dissimulé sur les activités illicites de cette crèche clandestine. Elle avait été saisie après l'envoi d'une lettre anonyme, arrivée au commissariat Noailles, fin avril. La même missive avait été adressée le même jour aux services de la PMI.
Son auteur caché y décrivait comment une femme, âgée de 59 ans, ancienne infirmière, organisait, depuis plusieurs années, avec l'aide d'une complice, l'accueil de nouveau-nés, dans des conditions très difficiles, en contradiction avec les règles les plus élémentaires d'hygiène et de sécurité et sans le moindre agrément accordé par les autorités.
17 € la journée de garde
Elle utilisait un logement exigu, au rez-de-chaussée, disposant d'une pièce principale de 25 m², d'une cuisine et d'une salle de bain, qui n'offraient aucun des équipements nécessaires pour le bien-être des enfants. Seule une cour intérieure garantissait un semblant d'ouverture à ce lieu surpeuplé. Comment les pères ou les mères de famille pouvaient-ils déposer leurs progénitures dans ce lieu aussi inadapté ?
Tous ne sont sans doute pas des irresponsables. Selon les enquêteurs, il s'agissait souvent d'intermittents du spectacle, au rythme de travail décousu. Mais parmi eux figurait également un professeur des écoles? Leur point commun se résumait évidemment à leur incapacité à trouver une solution pour la garde de leurs enfants. Le manque parfois criant de places en crèches municipales ou associatives (lire ci-dessous) renvoie irrémédiablement les jeunes parents vers les assistantes maternelles, au coût important.
Après avoir pris connaissance, par le bouche-à-oreille, de l'existence de cette structure clandestine, ces parents démunis devaient néanmoins débourser 17 euros par jour. Après près de 48 heures de garde à vue, devant les fonctionnaires de la Brigade du travail dissimulé, la femme mise en cause et sa complice ont été remises en liberté, dans l'attente d'éléments nouveaux.
Avant d'aller plus loin, les enquêteurs souhaitent obtenir le rapport qu'ils ont réclamé au médecin de la PMI. Il doit faire le point sur les circonstances précises dans lesquelles ces enfants étaient accueillis et quels risques ils encouraient dans un tel contexte. Une procédure pour "travail dissimulé et mise en danger de la vie d'autrui" a été ouverte. Quant aux bébés, dont aucun ne semble souffrir de pathologie, ils n'auront plus à subir ces conditions de vie presque inhumaines.
29/06/12
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