L'endométriose : tout savoir sur cette maladie sournoise


L'endométriose : tout savoir sur cette maladie sournoise© conejota / 123RF

Le 13 mars dernier était la journée mondiale contre l'endométriose, une maladie chronique dont on parle beaucoup ces derniers mois mais qui reste pourtant mal connue. L’endométriose, est une maladie gynécologique qui concerne environ 6 millions de femmes en âge de procréer en France ! L'endométriose est encore aujourd’hui mal diagnostiquée, bien qu'elle soit l'une des premières causes d'infertilité.

Pour vous aider à mieux comprendre cette pathologie, nous avons sollicité l’aide du docteur Erick Petit, médecin radiologue et fondateur du centre de l’endométriose du groupe hospitalier Saint-Joseph à Paris qui nous livre en exclusivité son point de vue sur le sujet.

L'endométriose, c'est quoi exactement ?

Au premier jour du cycle menstruel (qui correspond au premier jour des règles), la muqueuse utérine (appelée également endomètre) s'élimine en saignant, puis l'endomètre s'épaissit en vue d'une grossesse potentielle. Mais il arrive que cette muqueuse se développe hors de l'utérus et colonise d'autres organes comme les ovaires, les trompes et plus rarement la vessie ou l'intestin… C'est l'endométriose. Au moment des règles, lorsque la maladie s'est propagée, ces ensembles de muqueuse utérine se mettent à saigner quel que soit leur emplacement. Le problème est que ces saignements sont bloqués car ils ne peuvent pas s'écouler naturellement via l'utérus. Les conséquences : des kystes et des lésions se créent (au niveau des ovaires et même du vagin), provoquant de forts maux de ventre.
Cette maladie altère la qualité de vie et peut avoir des conséquences psychologiques importantes. La victime collatérale reste le conjoint.

Les symptômes de la maladie…

Le premier symptôme à prendre en considération est la douleur pendant les règles. Avoir des difficultés à aller à la selle ou à uriner, notamment pendant les règles, ou sentir des douleurs lors de rapports sexuels  sont autant de marqueurs alarmants à prendre en considération. Pour le docteur Érick Petit, « les femmes ont inconsciemment intégré l’idée qu'avoir des règles douloureuses est normale. On rentre dans un cercle vicieux de la négation ». Les douleurs menstruelles « ne sont pas prises en considération par les médecins traitants, entraînant trop souvent un retard de diagnostic estimé entre 7 et 9 ans ».

Les causes de cette pathologie…

Pour le docteur Erick Petit, « les causes sont très mal connues et sont multiples. Ces origines de l'endométriose peuvent être héréditaires, génétiques, mais aucune étude officielle ne peut confirmer cela. Par ailleurs, les facteurs épigénétiques et environnementaux sont également à prendre en considération : cosmétiques, plastiques… ».

Le diagnostic 

Pour le radiologue Érick Petit, il est primordial d’établir « un interrogatoire précis avec la patiente. L’échographie pelvienne est le premier examen à pratiquer. Effectuée par voie endo-vaginale, elle doit souvent être complétée par une IRM pelvienne. Une échographie endo-vaginale, effectuée par un radiologue spécialisé, permet d’identifier précisément les lésions ».

Mais selon le spécialiste « peu de radiologues sont suffisamment formés à dépister cette maladie. Il faudrait un centre par ville-universitaire. Le retard lié au diagnostic est important (9 ans en moyenne), ayant pour conséquences des troubles non négligables en termes de fertilité ».

Les conséquences de la maladie sur la fertilité…

D’après de nombreux spécialistes, aucune étude officielle n'aurait établi un lien direct entre la maladie et la fertilité comme nous l’explique le docteur Petit : « Il peut y avoir une « disfertilité » et ce n’est que dans 40% des cas qu’il y a un problème. Tant qu’une femme n’a pas essayé d’être enceinte, elle ne peut pas savoir. Il n’y a pas de corrélation anatomo-clinique, chaque patiente est différente. » De plus selon le docteur Petit, il s’agit « d’une idée reçue de croire que la grossesse guérie l’endométriose ».

Le tabou autour de cette maladie…

Depuis toujours, cette maladie est restée méconnues et mal diagnostiquée, mais les choses commencent à changer… « C’est la première année ou une campagne de dépistage et de sensibilisation est mis en place en France, mais on est en retard comparé à des pays comme l’Italie. Le corps médical est peu formé sur cette pathologie. Pourtant en France, elle cause 33 jours d’arrêt maladie chez une femme, c’est colossal ! On constate des cas plus sévères et plus fréquents. Toutefois les femmes prennent de plus en plus conscience de cette maladie » ajoute le radiologue.

L’approche multidisciplinaire développé par le GHPSJ (Groupe Hospitalier Paris Saint Joseph) 


Le GHPSJ a développé une prise en charge multidisciplinaires, afin de proposer la stratégie thérapeutique la plus adaptée à chaque patiente tenant compte des signes fonctionnels, de la localisation de l’endométriose et du désir de grossesse.
Érick Petit nous explique son fonctionnement « Ce centre existe depuis 10 ans à Paris et nous comptons différents spécialistes. On fonctionne avec une autre structure Resendo qui collabore avec différentes associations Endofrance, ECE... afin de sensibiliser et informer sur cette pathologie féminine. En mars dernier, une marche mondiale avec plus de 50 pays participants a été réalisée et soutenue financièrement par Resendo. »

Si aujourd’hui encore cette pathologie reste aléatoire dans sa manière d’être traitée, de nombreuses associations, des médecins et des femmes se mobilisent pour faire bouger les choses.


Ouarda Boudehane - 21/04/16

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Les commentaires

  1. Merci pour l'article bon à savoir

    1. zoom zoom says:

      merci pour l'article.
      Samo tu as raison de dire que c'est pas normal d'avoir des règles douloureuses, mais imagine lorsque c'est la gynécologue elle même qui te l'annonce en consultation, elle qui est censée être mieux informée que toi !!! en sortant de chez elle (avec une ordonnance pleine de médicaments biensur : antalgiques et cie) tu ne peux soupçonner autre diagnostic ! résultat : toi tu encaisses davantage les douleurs et toutes les autres conséquence pendant que pour elle ton dossier est déjà classé (caprice de femme en essai bb). du vécu.

      1. SAMO SAMO says:

        Waahoo quel article !!!
        Merci pour toutes ces expcations.
        Les filles a lire cet articles, surtout que nous avons tendence a tt normalisé.
        J'ai apprit pleins de chose, mais j'ai jamais gober la citation qui dit règles douloureuse c'est normal!!!!!!!!