La collection de mode Touareg contemporaine de Katherine Pradeau fait sensation !


La collection de mode Touareg contemporaine de Katherine Pradeau fait sensation !©

Katherine Pradeau s'est formée aux côtés de stylistes de renom comme Lolita Lempicka ou Sonia Rykiel.

Elle se met à son compte en 1996 et c'est en 2005 qu'elle met en place, avec les artisans du Sahara, un échange de savoir-faire et de création donnant naissance à des collections métissées basées sur les techniques ancestrales locales tout en intégrant des exigences de finition et qualité. Le résultat est bluffant ! La rédaction de Dziriya.net lui a posé quelques questions dans le cadre de sa participation aux journées de la mode à Constantine.

Parlez nous de votre collection inspirée de la culture Touareg. Pourquoi avoir choisi de rendre hommage à cette culture si méconnue ?
En tant que créatrice de mode, je suis inspirée par le dialogue des cultures. En 2000, je suis invitée pour un défilé de mode au Niger, ce fut une découverte. Puis l'envie d'y retourner seule au contact des gens, du pays hors du contexte d'un festival avec l'intime conviction de ne pas être là par hasard ...
Parcourir le Sahara fut pendant quelques années mon jardin secret. Puis au fil des rencontres et des voyages avec le monde touareg, petit à petit grandit l'idée d'intégrer dans mes collections la richesse des savoir-faire sahariens tout en respectant l'identité culturelle de chaque mélange subtil et luxueux hors des sentiers battus et des stéréotypes.
Des savoir-faire ancestraux entièrement fait à la main qui m'ont rappelés sans être les mêmes combien ils ne sont pas différents des artisans d'art de la couture parisienne avec qui je travaillais pour mes collections. Ces savoir-faire sont portés avec des hommes et des femmes passionnés par leur métier et qui au fil du temps pérennisent la culture et un art de vivre. C'est pour moi une valeur universelle qui n'a pas de frontière.
Dans cette collection, j'ai choisi de mettre en avant le travail de certaines broderies ou formes que l'on trouve habituellement sur les tuniques et les bijoux des femmes Touareg de l'Aïr.

Ce fut une véritable aventure car c'était la première fois que l'on faisait avec ce savoir-faire des vêtements. Il a fallu adapter le travail avec certaines exigences, afin de pouvoir aussi le vendre sur un marché international et y intégrer le volet formation. Il ne s'agit pas d'une simple inspiration. Les pièces inspirées par cette culture sont fabriquées aussi là-bas. L'idée est d'aller jusqu'au bout de la démarche.

Qu'en est-il de votre participation aux journées de la mode à Constantine et Annaba. Quelles ont été vos conditions d'accueil ? Et l'accueil du public ?
Quand Monsieur Jean Pierre Mocho (ancien Président de la Fédération du Prêt à Porter Féminin à Paris), invité aux journées de la mode en Algérie, m'a demandé si j'étais intéressée par cette participation, je n'ai pas hésité une seconde et je ne le regrette pas.

Le séjour de quelques jours à Constantine et l'accueil chaleureux de la part de l'institut français ainsi que du public m'a permis d'en garder un très agréable séjour et de belles rencontres avec l'envie d'y retourner. J'ai pu constater que Constantine avait aussi de magnifiques richesses culturelles et artisanales... Le séjour à Annaba fut très rapide avec malheureusement très peu de temps pour la découverte.
Le public dans sont ensemble fut chaleureux. Lors de la conférence à Constantine, le public intéressé à comprendre le rôle de la mode et ses enjeux a posé de nombreuses questions.
En effet, au-delà du spectacle et du rêve que les défilés peuvent susciter, il y a derrière toute une économie et donc des hommes et des femmes pouvant mettre en avant des savoir-faire.
Des Savoir-faire artisanaux, des cultures à mettre en valeur garants d'un patrimoine vivant.

Et je ne doute pas au regard de ce que j'ai pu apercevoir que l'Algérie en est riche !

Vos projets artistiques ?
La culture et la différence sont une richesse et attisent l'imaginaire...
Avec la culture saharienne il reste encore beaucoup à faire, l'inspiration est toujours là... d'où en plus des collections la création de 2 associations La Gazelle d'Or et Caravanes qui sont un support pour la préservation et la pérennisation de la culture et de l'artisanat.
Continuer cette aventure avec de nouveaux projets en fonction des rencontres et des moyens.
Travailler sur les savoir-faire culturels est une méthode applicable sur toutes les cultures avec la possibilité d'aller bien au-delà de la mode. Y intégrer le design, la décoration, la formation... ne fera que renforcer son impact économique et artistique.


Dziriya.net - 28/05/14

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