Présidentielles : création d'une caisse nationale pour les femmes divorcées


Les femmes divorcées ayant à charge leurs enfants pourraient enfin espérer vivre dans la dignité si la proposition de créer un fonds public de garantie de versement des pensions alimentaires en cas de défaillance du conjoint venait à se concrétiser.

Les deux candidats à la présidentielle, à savoir Abdelaziz Bouteflika et Ali Benflis, ont tous les deux promis de changer la situation de cette catégorie lors de la célébration de la Journée internationale de la femme. En attendant de voir ce projet prendre forme sur le terrain, on croise les doigts pour qu’il ne soit pas une simple promesse électoraliste.

Abdelaziz Bouteflika et Ali Benflis prononcent étrangement le même discours à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Ils promettent tous les deux de créer un fonds destiné aux femmes divorcées ayant la garde des enfants mineurs. Une similitude qui ne semble étonner personne en cette période décisive de la présidentielle où les prises de position, les engagements, voire les décisions se multiplient. Et à chacun sa cible. La principale revendication des femmes divorcées semble, en tout cas, avoir été entendue. Et c’est tant mieux.

Ainsi, devant une assistance, pour la majorité jeune, le candidat Ali Benflis promet d’instituer un fonds public de garantie de versement des pensions alimentaires aux femmes divorcées en cas de défaillance du conjoint. L’ex-chef du gouvernement assure par la même occasion des lendemains meilleurs s’il est élu président le 17 avril prochain. Il affirme que son projet de renouveau national accorde toute sa place à la femme.

Deux heures plus tard, le candidat-Président instruit le gouvernement d’engager une réflexion sur la possibilité d’instituer un fonds destiné aux femmes divorcées ayant des enfants mineurs à charge, dans un message lu en son nom par Mohamed-Ali Boughazi, conseiller à la présidence de la République. Rappelant l’amendement du code de la famille ayant permis d’introduire davantage d’égalité entre les conjoints, une meilleure protection des enfants mineurs et plus de cohésion familiale, le chef de l’Etat a fait observer que ce code «reste néanmoins perfectible sur certains aspects matériels, comme les difficultés rencontrées par certaines mères divorcées ayant obtenu la garde des enfants mineurs, pour le recouvrement de la pension alimentaire destinée à assurer l’entretien de ces enfants». «Le refus ou l’impossibilité pour le père d’en assurer le versement porte atteinte à la dignité de la femme et aux droits fondamentaux des enfants et appelle des solutions dignes d’un Etat solidaire. J’instruit, à cet égard, le gouvernement d’engager une réflexion sur la possibilité d’instituer un fonds destiné aux femmes divorcées ayant la garde des enfants mineurs confrontées à ces problèmes», a précisé le président de la République.

L’installation par le ministère de la Solidarité nationale d’une commission de suivi de la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la violence à l’encontre des femmes, adoptée par le gouvernement en 2007, «participe de cette responsabilité partagée de l’Etat avec la famille et la société civile», a-t-il expliqué.

Longtemps, les femmes divorcées ont pu croire que cela n’arriverait jamais. Mais, ne dit-on pas que mieux vaut tard que jamais? le refus des époux à verser la pension alimentaire demeure une problématique qui cause beaucoup de désagréments et de souffrances à cette catégorie. Ces dernières lassées de recourir souvent aux tribunaux sans réponse concrète, se désistent ne croyant plus à la justice.

La création d’un fonds de solidarité au profit de la famille pourrait de ce point de vue, être une solution durable pour assurer les droits de la femme divorcée, ainsi que ceux de ses enfants.

Reste à espérer que ce projet ne soit pas un simple enjeu politique pour tenter de rallier un maximum de partisanes.

A.B

Ksentini : «Cwela aurait dû se faire déjà»


• «C’est une avancée considérable. J’apprécie très vivement car c’est quelque chose attendue depuis des années. Cela aurait dû se faire depuis vingt ans. Beaucoup de pays nous ont précédés sur cette question comme la Tunisie et la Suisse notamment. Nous y arrivons avec un peu de retard certes, mais le plus important c’est que ce fonds soit instauré», a estimé ce dimanche matin le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) à propos d’un fonds pour les femmes divorcées en charge des enfants mineurs «ordonné» par le chef de l’Etat. «C’est une caisse qui sera extrêmement utile et qui épargnera du coup, aux femmes divorcées ayant à leur charge des enfants d’aller traîner devant les tribunaux avec des affaires renvoyées de multiples fois et entendues par les services de police ou de Gendarmerie. Cela fera également éviter à ces femmes d’exposer leur intimité», a affirmé Me Farouk Ksentini qui intervenait sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale». Ce fonds consiste, a-t-il insisté, à faire éviter à la femme divorcée d’entamer des démarches fastidieuses et longues pour un résultat par la suite, tout à fait maigre?: celui d’obtenir un paiement effectif de la pension qui lui est due en tant que gardienne des enfants.

Autrement dit?: c’est à partir de cette caisse que cette femme divorcée va être payée. «La caisse disposera à son tout d’une action récursive ou un recours en justice exercé contre le véritable débiteur qui est le père défaillant selon lui.


03/03/14

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